Un grand festival de littérature organisé à Srinagar, capitale du Cachemir où la tension entre la population et l’armée indienne frappe dès qu’on y met les pieds: à première vue, c’était tentant comme affiche.
On se dit qu’un festival littéraire, c’est un bouffée d’air là où la liberté d’expression est refusée. Une grande marche, celle de centaines d’écrivains qui viennent libérer de sa cage la colombe de la paix…
Les métaphores trop séduisantes sont souvent trompeuses. Le festival a été annulé apres la publication d’une lettre ouverte aux organisateurs, signée, entre autre, par des auteurs qui n’ont pas été invités ou qui ont décliné.
Voila ce qu’on peut lire dans cette lettre:
“We fear, therefore, that holding such a festival would, willy-nilly, dovetail with the state’s concerted attempt to portray that all is normal in Kashmir. Even as the reality on the ground is one of utter abnormality and a state of acute militarisation and suppression of dissent, rights and freedoms”
La métaphore s’inverse alors: le festival se transforme en arbre, bien gros, bien feuillu – assez pour cacher une forêt. Une forêt pleine de garnisons de l’armée indiennes qui n’hésitent pas à réprimer de manière brutale les appels répétés à davantage de liberté.
Pour plus d’infos: le site de la pétition hafila.org et les raisons de Basharat Peer, un écrivain, sur le site du Hindu (http://m.thehindu.com/opinion/op-ed/article2433110.ece/?secid=3010)
“Like others, I chose not to attend a literary festival that I believe was part of the state’s attempt to suggest that all is normal in Kashmir..”