Publié par : Lucas | septembre 21, 2011

Gokarna beach

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Publié par : Lucas | septembre 14, 2011

Trains

Retour dans les trains indiens, ces boas metalliques qui nous pretent leurs entrailles, degueulasses et pourtant sympathiques, le temps d’un voyage.

On y fait toujours de belles rencontres. On se réveille au milieu de la jungle et le boa pas pressé prend son temps pour nous laisser apprécier un ou deux couchers de soleil à travers ses écailles.

Publié par : Lucas | septembre 8, 2011

L’arbre qui cache la forêt

Un grand festival de littérature organisé à Srinagar, capitale du Cachemir où la tension entre la population et l’armée indienne frappe dès qu’on y met les pieds: à première vue, c’était tentant comme affiche.

On se dit qu’un festival littéraire, c’est un bouffée d’air là où la liberté d’expression est refusée. Une grande marche, celle de centaines d’écrivains qui viennent libérer de sa cage la colombe de la paix…

Les métaphores trop séduisantes sont souvent trompeuses. Le festival a été annulé apres la publication d’une lettre ouverte aux organisateurs, signée, entre autre, par des auteurs qui n’ont pas été invités ou qui ont décliné.

Voila ce qu’on peut lire dans cette lettre:

“We fear, therefore, that holding such a festival would, willy-nilly, dovetail with the state’s concerted attempt to portray that all is normal in Kashmir. Even as the reality on the ground is one of utter abnormality and a state of acute militarisation and suppression of dissent, rights and freedoms”

La métaphore s’inverse alors: le festival se transforme en arbre, bien gros, bien feuillu – assez pour cacher une forêt. Une forêt pleine de garnisons de l’armée indiennes qui n’hésitent pas à réprimer de manière brutale les appels répétés à davantage de liberté.

Pour plus d’infos: le site de la pétition hafila.org et les raisons de Basharat Peer, un écrivain, sur le site du Hindu (http://m.thehindu.com/opinion/op-ed/article2433110.ece/?secid=3010)

“Like others, I chose not to attend a literary festival that I believe was part of the state’s attempt to suggest that all is normal in Kashmir..”

Publié par : Lucas | septembre 7, 2011

Des sons

Attentat à Delhi ce matin. Je n’étais pas sur les lieux, je n’ai rien entendu.

Mais voici quelques sons captés en cours de route, à Richikesh, Haridwar et Musoorie.

Fanfare à Haridwar, pour le Ganpati festival

Discussion sur l’art de la méditation avec un baba

Près d’un stand de marché à écouter le temps qui passe

Dans la cours de l’école primaire de Richikesh, au milieu de la forêt surplombant le Gange

Le vent qui souffle sur un parc de Musoorie

Publié par : Lucas | septembre 7, 2011

Richikesh

Les indiens viennent trouver à Richikesh les derniers temples, les derniers ghats, avant les sources du Gange.

Les israëliens, les européens et les américains viennent y trouver de quoi skyper.

Jamais vu autant de cyber cafés dans un si petit quartier.

Désormais à Laxhman Joula, il y en a un tous les dix pas, sur cent mètres de long.

Publié par : Lucas | août 30, 2011

Posters

Mélange d’art et d’engagement: diaporama des posters politiques sur l’un des campus les plus militant du pays.

JNU posters

Publié par : Lucas | août 30, 2011

« Mai Anna Hai »


Scène de liesse dans un enclos géant qui pourrait être celui d’une fête foraine abritant plusieurs dizaines de milliers de visiteurs. Pas d’attraction spectaculaire ici, seulement un stand au fond de la place et au milieu duquel se tient Anna, la nouvelle coqueluche des médias et de la foule indienne.

Avant d’arriver à la tribune, il faut déambuler entre quelques sadhus fatigués, qui dorment à même la boue, traverser une gigantesque forêt de piquets de bois soutenant des bâches capables de protéger tout ce monde en cas de pluie et se faufiler au travers de la mêlée de plus en plus compacte, formée autour d’Anna.

Il est 21h10. Anna demande la permission à ses supporters d’arrêter un jeûne de douze jours.  Le gouvernement vient de capituler sans condition face à ses demandes. Des centaines, peut être des milliers de drapeaux aux couleurs de l’Inde s’agitent au dessus des têtes béates. Le groupe de jeunes hommes aux visages peinturlurés derrière moi saute en faisant la ronde, comme une équipe de football qui a gagné la coupe du monde.

Qui est ce petit homme à la silhouette bonhomique qui vient de faire plier le gouvernement et le parlement au sujet de la nouvelle loi anti-corruption?

Anna Hazare a soixante quatorze ans, il est célibataire et sans enfant. Il était militaire, a fait une guerre entre l’Inde et la Chine, dans laquelle un obus détruit et le camion qu’il conduit et ses camarades de bord. Une fois sa retraite en poche, il se reconvertit en prêcheur de bonnes causes. Ca fait désormais plus de trente ans qu’il œuvre au service de la communauté. Il a milité pour l’accès à l’eau et à l’éducation, pour les conditions de vies des plus démunis et j’en passe. Son arme, c’est la grève de la faim. Quand une situation se bloque, il met sa vie en jeu jusqu’à ce qu’il y a ait avancée dans le camp adverse. Une sorte de Gandhi, avec la tchatche en moins.

En effet, le vieil homme est têtu mais il n’est pas bavard. Il lui manque le sens de la formule et la ruse politique de Gandhi. Mais peu importe : pour communiquer, il est entouré d’une équipe de personnalités indiennes piochées dans la société civile et à Bollywood: la « Team Anna », nom qui reflète d’ailleurs bien l’aspect pop-show du phénomène.

Quand Anna entame son jeûne, il y a douze jours, le  parlement débat d’une nouvelle loi anti-corruption, la « Lokpal Bill ». Anna voudrait un texte beaucoup plus fort avec, entre autre, la création d’une institution anti-corruption (Lokpal) dans chaque état, la possibilité donnée à tout citoyen de faire  appel a cette institution, la possibilité de soumettre le premier ministre dans l’exercice de ses fonctions ainsi que toutes les classes de fonctionnaires à un contrôle anti-corruption.

La pression monte radicalement lorsque le gouvernement, qui prend peur de l’agitation suscitée par Anna, décide de l’emprisonner le 16 aout dernier. Un vieil homme de soixante quatorze ans donc, militant pour la veuve et l’orphelin, un abbé pierre indien en somme, mis derrière les barreaux. Et pas n’importe lesquels, ceux de la prison de Tihar, la plus grande d’Asie du Sud et qui a la réputation d’abriter les criminels les plus durs du pays.

Etonnante, cette réécriture de l’histoire, cette insouciance des gouvernants qui n’ont pas compris qu’ils tendaient à Anna et ses supporters le bâton pour se faire battre. A l’époque de l’indépendance, les séjours répétés de Gandhi en prison avaient contribué à mobiliser les foules, à en faire un messie.

Rebelote. Quand les membres du gouvernement actuel se rendent compte de la bourde, ils viennent faire la cours, à la queueleleu comme des fidèles devant l’isoloir, venant avouer leur faute et implorant le pardon. Mais Anna, en bon Gandhien, sait irriter l’adversaire. Une fois en prison il refuse d’en sortir : « Vous m’avez mis ici sans raison ; maintenant, assumez votre décision». Une nuit dans la cellule suffira a faire monter la sauce.

Et la foule avec l’aide des médias se prend d’une passion pour l’homme. Cette forme de messianisme est troublante pour l’observateur étranger : l’homme incarne la cause et c’est le soutien massif a cet homme, des centaines de milliers de personnes qui declarent « Je suis Anna » (« Mai Anna hai ») qui permet au mouvement anti-corruption de prendre son envol.

En Inde la corruption est partout. Quiconque y passe un peu de temps en sera victime ou bénéficiaire. La corruption permet d’avoir accès à l’électricité, une place à l’école la plus cotée, un lit à l’hôpital… C’est aussi l’omniprésence de la corruption, le fait que tout le monde en soit la victime qui permet un rassemblement aussi large. Et pourtant, tout le monde n’est pas égal devant la corruption. Certains en sont victimes mais aussi bénéficiaires. Quand les plus pauvres ne peuvent pas payer, les classes moyennes, souvent, s’en accommodent.

C’est ce qui a fait dire à certains intellectuels que ce mouvement était un leurre. Il y a ceux qui craignent un piège tendu par la droite et l’extrême nationaliste et qui font référence aux prises de positions réactionnaires d’Anna sur d’autres sujets (peine de mort pour les corrompus, stérilisation forcée des mères de famille nombreuses…). Il y a ceux qui dénoncent un mouvement soutenu par la classe moyenne et qui ne s’intéresse pas au lien entre petite corruption et inégalités économiques d’une part et entre la grande corruption et libéralisation de l’économie d’autre part. En ne déterminant pas clairement qui sont les victimes (les pauvres) et qui sont les bénéficiaires (les autres), le mouvement passerait à côté du problème. Il y a du vrai dans ce discours soutenu par certains marxistes, mais leur mépris face à un mouvement de masse de cette ampleur est troublant.  Cette réaction reflète-t-elle une frustration face à l’incapacité des partis politiques traditionnels à mobiliser autant de monde sur le sujet ?

Car il s’agit là bien d’une nouvelle forme de politique, dopée par Youtube, Facebook et les SMS. A l’ère du mass media, le sujet qui s’impose écrase tous les autres : le journal papier ou télévisé qui ne parle pas d’Anna perd tout intérêt dans ce grand concert de séduction qu’est l’information. Sur internet, la vague se propage comme un tsunami. L’exposition médiatique est alors fantastique.

A la sortie de l’arène, des feuilles circulent. Une liste avec des noms et plein de chiffres. Vingt hommes politiques indiens y figurent avec l’intitulé de leur compte suisse et l’argent non déclaré qui y est placé. Et ce n’est qu’un avant gout. Il y aurait 968 autres noms en réserve - un bon nombre d’entre eux sont au gouvernement ou siègent au Parlement. La bataille ne fait que commencer et les corrompus tenteront surement de faire nommer des pantins au sein des nouvelles commissions. Mais il semblerait que la roue tourne.

Anna, lui, a attendra le jour suivant pour terminer son jeûne. Une manière de dire qu’il aurait pu continuer encore. Histoire de bien montrer de quel côté se situe désormais le rapport de force.

Publié par : Lucas | août 30, 2011

JNU immobile

Les amis sont partis avec dans leurs sacs nos souvenirs
Des nouvelles residences de brique rouge pour accueillir ce milliard qui s’elargit
Des tetes inconnues dans les refectoires
Le coca cola a ete interdit
Les elections ont ete bannies

Pourtant, en quatre ete indiens, JNU n’a pas change
Sanjay le garcon de l’internet café a gagne une barbe
L’attendrissant vieil home au comptoir de la library canteen a toujours le regard dans le vide
Je pensais lui avoir dit aurevoir a jamais la derniere fois
Heureuse surprise
Praveen le vendeur de livres d’occasion a les memes boucles noires

Les chiens et leurs petits mangent toujours dans les poubelles
Les murs sont toujours couverts de tableaux politiques
Le meme bruit, celui d’une jungle, sort de la residence Kaveri
Le chai de Godavari est toujours le meilleur du campus
Les noodles de 24 Hours Seven restent les plus epicees du globe
Mamu l’ex etudiant devenu cuistot fait toujours son numero a l’ad block restaurant

Je retrouve ces petits details comme je les avais laisses
Le geste du vendeur de fruit presses
La dexterite du prepose aux photocopies de la School for Social Sciences

Je cours en direction du stade
L’air est humide, j’ai les moustiques au cul, il commence a faire nuit
Un paon dans les arbres m’interpelle
Une moto arrive depuis la ring road et son phare m’eblouit

Je ne me suis pas senti aussi bien depuis des mois
Quand on a un repere comme ca
Pas besoin de se nourrir de souvenirs, de s’accrocher au passé
JNU ne bougera pas

Publié par : Lucas | août 30, 2011

miroir

Retour en Inde apres trois ans d’absence
Retour miroir
Ce que je retrouve je le redecouvre et me revois entrain de le vivre il y a quatre ans
C’est un dialogue avec l’espace et a travers le temps
Ce sera un dialogue avec ce qui fout le camp et ce qui reste en place

Publié par : Lucas | août 30, 2011

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Publié par : Lucas | août 1, 2008

La Chambre…

La Chambre est la, intacte. Memes affiches, memes meubles avec tout qu’on a amassé dedans au fil du temps. Memes conneries dans les tiroirs du bureau. Mêmes T-shirts au deuxième étage de l’armoire. Accrochés a la porte, les petits yeux du poster de Ben Harper me fixent. La Chambre elle n’a pas bougée et c’est elle qui nous fait sentir qu’on a changé. En fait je crois que notre bonne vieille Chambre est jalouse. Jalouse qu’on ait couché ailleurs pendant un an. Jalouse qu’on ait découvert d’autres décors. Jalouse qu’on ait gouté à d’autres draps.
Alors elle nous le fait savoir en affichant haut et fort son immobilité. Et tous ces objets et ces photos statiques nous rendent mal à l’aise. Ils nous rendent mal à l’aise parce qu’ils nient tout le reste. La Chambre voudrait nous faire retourner à l’avant. Avec sa déco qui n’a pas changé elle voudrait nous faire oublier tout ce qui s’est passé en un an.
Pourquoi tu ma fait, ca elle semble dire.
Je suis désolé, je ne pouvais pas t’emmener avec moi je lui réponds.
Il va falloir qu’elle s’y habitue.
Pour un temps, je n’ai plus de chez moi.
Ce soir j’irai coucher dans le salon.

Ca y’est je suis rentré, rentré d’un an de voyage. Si vous voulez vous plonger dans l’aventure, lisez la suite de ce blog, à reculons ou depuis le début. C’est comme vous le sentez.

Si arrivés à la fin (ou revenus au début) vous comprenez ce que je ressens en revoyant ma chambre, alors j’aurai réussi à transmettre un peu des ces étranges trésors que le voyage sait offrir.

Publié par : Lucas | juin 20, 2008

Kangchenzonga

Publié par : Lucas | juin 20, 2008

Soulmates…

ecriture en cours

Publié par : Lucas | juin 20, 2008

Shillong, les ronds dans l’eau

Publié par : Lucas | mai 27, 2008

Tu entends le bébé qui pleure?

“… il crie parce que sa mere ne lui donne pas assez a manger.
Ici il n’y a pas assez a manger.”

Voila ce que me dit peu apres mon arrivée Hemba Hazarika, le frere de mon ami Naba – qui m’a invité chez lui, dans le Nord Assam aux environs de Dehmaji (Nord Est de l’Inde).

Un autre paradis maudit, l’Assam. Un paysage somptueux, une terre fraiche et qui respire, saupoudrée d’or du soleil qui danse entre les nuages d’un ciel immense. Et la misere pourtant, qui revet ici un habit vieux comme le monde, celui de cris d’enfant. La misere ne prend meme pas la peine de se cacher. Elle sort brute, elle vibre dans l’appel d’un petit ventre.

Ici comme ailleurs, il y a le coin des riches et celui des moins riches. Le village des plus chanceux et celui des autres, la ou je suis. Ici a Rajabari il n’y a ni au courante, ni electricité. On vit avec moins de 30 Roupies par jour, soit moins de 0,5 euros. Seuil de pauvreté bien dépassé. Mais au fond qu’est-ce que cela veut dire? Avec 30 Roupies on est sans doute plus heureux ici que dans la poussiere de Delhi. Nul ne devrait pas construire sa perception la misere humaine sur des bases monétaires.

Il s’agirait donc d’aller voir, voir pour comprendre. Pourtant il y a toujours un léger probleme dans le fait de vouloir aller voir la misere. Justement parce qu’elle n’est pas un spectacle, elle ne demande pas a etre vue. Et il y a ce coté voyeur qui transforme la pauvreté en une sorte de safari social, un parc d’aventures ou l’attraction serait d’aller affronter le pauvre, se faire frissoner, comme dans un grand huit ou dans un train fantome.

Cela est vrai si l’on se contente de voir pour voir. Or l’experience nous permet deux autres choses incroyables. Voir pour ressentir, voir pour agir. Voir pour ressentir c’est s’immerger dans ce monde qui m’est offert et y plonger completement. Pas seulement pour rapporter des statistiques ou des images. Mais aussi ouvrir ses sens a l’experience et effacer la distance entre soi et ce monde qui nous entoure. Ne pas etre encore et toujours etranger a ce qu’il se joue devant nous. Si j’arrive a ressentir, ne serait-ce qu’un instant, ce que le frere de mon ami Naba ressent dans cet endroit, alors j’aurai reussi l’essentiel.

Et bien sur, il s’agit de voir pour agir. Mais comment agir? Ecrire c’est agir. Mais en quoi ces quelques lignes deja lues quelque part luttent elles contre la misere du monde? Temoigner, c’est necessaire. Mais ce n’est pas suffisant. On peut aussi donner son temps ou son argent aux organismes competents, on devrait d’ailleurs. On peut militer pour un commerce éthique. On peut creer les conditions d’un commerce éthique (en reformant la PAC par exemple). Et le Buddha concluerait ainsi. Surtout il ne faut pas penser, si l’on agit pas ensuite. Une pensee sans action qui la réalise n’a pas de valeur. Penser la misere sans agir contre elle: nous voila face aux contradictions de l’homme moderne.

Le bébé de la voisine s’est arreté de pleurer, il a avalé la moitié d’un petit haricot vert. Ici comme dans tant d’endroits, c’est avec un piment qu’on coupe la faim.

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